CHAPITRE VIII (8)

L’islam sous les Abbassides. – Le Califat est transféré de Damas à Bagdad où il subit l’influence gréco-perse. Grâce à 1’administration des Barmécides, ministres d’origine perse, les Califes s’entourent de savants et de lettrés étrangers qui donnent à leur règne une splendeur incomparable ; mais en voulant organiser la législation musulmane, les Califes, sous l’inspiration des Vieux Musulmans, fixent immuablement la doctrine islamique et rendent tout progrès impossible. – C’est la cause et le commencement de la décadence des peuples de religion mahométane. – L’Espagne se détache de l’Empire, donnant un exemple d’indiscipline qui trouvera plus tard des imitateurs.

La révolution qui porta les Abbassides au pouvoir est le résultat d’un triple mouvement de réaction ; D’abord, réaction des Vieux Musulmans, des pieux croyants, fidèlement attachés aux traditions mahométistes, qui considéraient les Ommeyades non seulement comme des usurpateurs, parce qu’ils ne descendaient pas du Prophète et parce qu’ils n’avaient pas accepté le principe de l’élection pour la désignation du Calife, mais aussi comme de mauvais musulmans, parce que leurs ancêtres avaient persécuté Mahomet et parce qu’eux-mêmes, indifférents en matière de religion, avaient adopté les moeurs syriennes et laissaient se développer la civilisation gréco-latine.

Ensuite, réaction de l’Asie orientale, contre l’Asie occidentale : les populations de l’Irak, malmenées par les Ommeyades parce qu’elles avaient défendu la cause des Alides, tenues dans une dépendance servile, avaient prêté leur appui aux Vieux Musulmans, non pas par respect des traditions, ni par souci religieux, mais par esprit de vengeance, pour se débarrasser de leurs oppresseurs.

Enfin, réaction de l’esprit arabe, de l’esprit bédouin, contre la civilisation gréco-latine et chrétienne qui menaçait d’absorber l’Islam.

Il y avait aussi une double question d’intérêts égoïstes. Les Vieux Musulmans entendaient que le siège du Califat fut transféré dans le Hedjaz, à La Mecque ou à Médine : les populations de l’Asie orientale émettaient la même prétention au profit d’une de leurs villes. Les uns et les autres s’entendirent tout d’abord pour abattre les Ommeyades et pour se venger de la Syrie et des Syriens, qu’ils accablèrent de représailles et dont ils tentèrent de ruiner la prospérité. De même, ils tombèrent d’accord pour décider que Damas ne serait plus le siège du Califat, mais quand il fallut désigner la nouvelle capitale de I’Islam, l’entente cessa.

Aboul-Abbas (750-754) qui se souciait peu d’aller à La Mecque ou à Médine, s’établit d’abord à Anbar. A sa mort, son frère Alman­sour (754-775), qui lui succéda, choisit Koufah pour résidence, mais comme cette ville comptait trop de gens dévoués aux Alides, il décida de fonder une cité nouvelle : Bagdad, au bord du Tigre, près de l’ancienne Séleucie, en pleine Asie orientale.

Ce choix provoqua le mécontentement des Syriens, des Ommeyades et même des Vieux Musulmans du Hedjaz et comme les uns et les autres, quoique divisés par d’ardentes rivalités, étaient puissants en Espagne et dans le Moghreb, ils y provoquèrent des soulèvements. L’Espagne proclama un Calife de son choix (755), un Ommeyade naturellement. Sans aller aussi loin, le Moghreb s’isola cependant. Les deux provinces vécurent à part de l’Empire (1).

Il était dans la destinée des Arabes de subir des influences étrangères. Sans culture intellectuelle, sans passé artistique, littéraire ou scientifique, dépourvus de génie créateur, ils furent obligés, pour tout ce qui se rapportait au domaine de l’esprit, d’accepter le concours de l’étranger. Les Ommeyades avaient subi l’influence syrienne, c’est-à-dire gréco-latine; les Abbassides subirent l’influence de la Perse ou plutôt gréco­perse, car la pensée hellénique, plus ou moins déformée, avait pénétré partout dans le monde antique.

Les méthodes administratives des Ommeyades étaient copiées sur celles des Byzantins, le Gouvernement des Abbassides s’inspira des méthodes de la Perse. Les gouverneurs de provinces rappelaient les anciens Satrapes. Munis des pouvoirs les plus étendus, ils administraient les territoires et percevaient les impôts, au moyen desquels ils recrutaient et entretenaient des armées, payaient les fonctionnaires, pourvoyaient à la construction et à l’entretien des édifices publics. Ils envoyaient le surplus au Calife.

Ce système administratif présentait un avantage. Il permettait de donner à chaque province le mode de gouvernement qui convenait à ses besoins et à ses habitudes ; il avait un inconvénient : il laissait trop d’indépendance à des populations imparfaitement pénétrées de l’idéal musulman et donnait trop d’autorité aux gouverneurs. Ceux-ci s’enrichissaient par des exactions scandaleuses et s’entouraient de gens dévoués ; puis, quand ils se sentaient assez forts, ils se rebellaient contre le pouvoir central (2). C’est ce qui s’était déjà produit dans le Khorassan et en Espagne ; c’est ce qui se produisit plus tard un peu partout.

Almansour tenta de remédier à cet inconvénienten changeant souvent les gouverneurs et en écartant de ces emplois les représentants des grandes familles : vaine précaution ! Les gens de rien commirent plus d’exactions encore et ne furent pas plus fidèles.

Il se passa à Bagdad ce qui s’était passé à Damas. Les Arabes adoptèrent les mœurs du pays qui ne valaient pas mieux que les mœurs syriennes et byzantines. Almansour s’entoura d’un faste copié sur celui des rois sassanides. Les revenus de l’empire évalués à 750 millions de francs lui permirent de déployer un luxe inouï qui fut fatal au caractère arabe. Entouré d’une cour brillante, habitant un palais merveilleux, le Calife devint unpotentat asiatique, qui n’apparaissait à la foule qu’en de rares occasions, au milieu d’une pompe impressionnante dont on trouve le reflet dans les contes desMille et une Nuits.

Ce désir de briller produisit même d’heureux résultats. Voulant, à l’exemple des souverains perses, s’entourer de tout ce qui pouvait contribuer à rehausser l’éclat du pouvoir, Almansour favorisa les savants et les écrivains et comme il n’existait aucun de ces derniers parmi les Arabes, ses libéralités allèrent forcément; à des étrangers. Il y avait en Persede nombreux lettrés. Des chrétiens schismatiques et des philosophes, exilés de l’école platonicienne d’Athènes à la suite des persécutions de Justinien, avaient introduit en orient les semences de la civilisation occidentale. Comme en Syrie, ces lettrés purent continuer leurs travaux dont les Arabes bénéficièrent plus tard.

Almansour fit traduire par des scribes syriens et persans les principaux auteurs grecs : Aristote, Hippocrate, Galien, Dioscoride, Archimède, Ptolémée ; ce sont ces traductions, plus ou moins fidèles, qui initièrent les Arabes aux découvertes scientifiques de l’antiquité (3). Comme en Syrie, et pour les mêmes raisons, il y eut, sous la façade musulmane un renouveau de civilisation, mais cette floraison ne devait rien au génie arabe; toute sa sève, tout son éclat provenaient de la pensée hellénique, modifiée et quelquefois déformée par les influences asiatiques.

Au surplus, ce ne sont pas les Califes eux-mêmes qui favorisèrent les lettres et les arts; ce sont plutôt leurs ministres, les Barmécides, d’origine perse, qui, durain un siècle, exercèrent une action prépondérante à la cour des Abbassides. Ce sont eux qui, possédant une instruction et une culture étendues, suppléèrent à l’insuffisance intellectuelle des Califes, firent leur éducation et peuplèrent leur cour de savants et de lettrés. Ce sont eux, également, qui firent exécuter les embellissements et les travaux d’utilité publique que les auteurs arabes attribuent aux Abbassides. Les seuls artisans dela splendeur musulmane à cette époque, ce sont les Barmécides, c’est-à-dire des Perses, si peu islamisés, que leurs ennemis les accusaient d’être restés païens.

Mohamed al Mahadi (785) et son fils, Al Hadi (786), qui succédèrent à Almansour, suivirent son exemple ou, plus exactement, les Barmécides les maintinrent dans la bonne voie, car ce furent eux qui, en réalité, exercèrent le pouvoir; mais le faste et l’opulence de ces premiers Califes abbassides furent surpassés par Haroun-al-Rachid (786-809) qui est resté, dans l’histoire, comme le type le plus complet des souverains orientaux (4). Tantôt généreux jusqu’à l’invraisemblance, prêt a tous les pardons et à toutes les prodigalités, recueillant dans la rue des mendiants pour les élever aux plus hautes dignités, protégeant les veuves et les orphelins, secourant l’infortune, châtiant le crime, comme un chevalier errant ; tantôt d’une cruauté inouïe, lorsque les vieux instincts arabes surgissent sous le mince vernis d’une civilisation d’emprunt., témoin le meurtre et l’exil des Barmécides qui avaient été les artisans de la prospérité des Abbassides; tantôt d’une bonhomie souriante, tantôt d’une fierté maladive ; brave jusqu’à la témérité et, parfois, s’avilissant dans les plus basses orgies; vindicatif et magnanime, astucieux et loyal; toujours guidé par des sentiments excessifs : bref, toutes les qualités et tous les défauts du Bédouin apparaissent en lui de façon éclatante, accrus encore par l’influence asiatique.

A part deux expéditions contre l’impératrice Irène de Constantinople (790) et contre son successeur, Nicéphore (802) qui furent vaincus et obligés de payer un tribut annuel de soixante mille dinars (5), le règne de Haroun-al-Rachid fut calme et consacré uniquement à des réformes administratives. La tâche était immense. Il fallut créer toute une organisation, tant au point de vue financier, qu’au point de vue législatif. Il fallut centraliser le paiement des dépenses publiques et la perception des revenus de l’Etat. Ceux-ci se composaient du produit des impôts: djezieh ou impôt sur les infidèles habitant en territoire musulman, kharadj, contribution foncière acquittée par les non musulmans, dîme prélevée sur les musulmans, des droits de douane de l’exploitation des mines, des biens faisant retour à l’Etat faute d’héritiers et des tributs imposés aux peuples étrangers.

Grâce aux sages conseils des Barmécides, Haroun-al-Rachid employa utilement les immenses revenus de l’empire. Des collèges et des bibliothèques furent fondés pour la diffusion des connaissances scientifiques empruntées aux ouvrages de l’antiquité grecque. La langue arabe se propagea dans toutes les parties de l’Asie et détrôna définitivement les idiomes anciens (6). Pour se plier aux exigences d’une nomenclature nouvelle, elle dut s’enrichir de termes étrangers, pris au grec et à l’araméen. Les savants grecs, syriens, persans, indiens, attirés par les libéralités du Calife, instruisirent les Arabes. Grâce à ces savants, les mathématiques, l’astronomie et l’astrologie, la médecine, la chimie et l’alchimie furent en honneur et firent quelques progrès. Les Arabes, encore ignorants, purent s’arracher à leur barbarie, en puisant dans les trésors du labeur gréco-latin les connaissances qui leur manquaient. Ils furent de studieux élèves et des compilateurs remarquables ; et si, faute de l’esprit novateur, ils n’ajoutèrent rien aux découvertes de l’antiquité, ils contribuèrent à les répandre. A ce titre, les Abbassides et surtout leurs ministres, les Barmécides, méritent de figurer parmi les bienfaiteurs de l’humanité.

Il fallut également établir une législation musulmane. Jusqu’alors, les Califes ou leurs représentants rendaient la justice en s’inspirant du Koran et des traditions. Il résultait de cette méthode arbitraire des interprétations et des jugements souvent contradictoires : et la nécessité s’imposa bientôt de fixer une doctrine de jurisprudence, de rédiger un code qui donnât aux juges des directives et aux justiciables des garanties d’équité.

Ce fut une oeuvre d’une importance capitale (7). Comme elle a exercé sur les destinées de l’Empire des Califes une influence considérable, puisqu’en fixant immuablement la doctrine islamique, elle rendit tout progrès impossible et frappa de paralysie la société musulmane, on l’étudiera dans un chapitre spécial ; mais on peut, dès maintenant, s’étonner que cette oeuvre, entreprise dans un esprit libéral par les Abbassides, ait abouti à des résultats complètement opposés aux idées qui l’avaient inspirée et que, rédigé sur l’ordre de souverains, si tolérants que beaucoup d’entre eux furent accusés d’irréligion, ce code soit devenu l’instrument du fanatisme le plus intransigeant.

La grande faute du règne de Haroun-al-Rachid, une lourde faute qui fut fatale à l’avenir des Abbassides et même de l’empire musulman, ce fut la disgrâce des Barmécides. Ces ministres perses, d’une haute valeur intellectuelle et d’un génie capable d’affronter les plus vastes entreprises, avaient donné à l’empire une direction éclairée. Ils furent les artisans de la prospérité des Abbassides et de la grandeur musulmane. Eux disparus, les souverains arabes, livrés à eux-mêmes, ne surent pas diriger cet immenseassemblage de peuples dissemblables et l’empire tomba en décadence. C’est une preuve de plus de l’incapacité des Arabes à gouverner et surtout à administrer.

Le successeur de Haroun-al-Rachid fut son fils, Amin, un incapable et un efféminé qui dût, après quelques années d’un règne stérile, passer le pouvoir à son frère Al Mamoun (813-833).

Al Mamoun, moins soucieux de faste, mais plus cultivé que son père, exerça l’influence la plus heureuse. Entouré de l’élite des savants grecs, syriens, perses, coptes et chaldéens, il recueillit à grands frais les ouvrages de l’école d’Alexandrie, les fit traduire en arabe et répandre. Il multiplia les établissements d’instruction et fonda même une école de filles dont les professeurs étaient des femmes, venues d’Athènes et de Constantinople. Éduqué par des savants étrangers dans le culte des lettres grecques, indifférent aux prescriptions religieuses, il se montra très libéral envers les non musulmans. Il confia la plupart des charges de l’empire à des Grecs et à des Perses. Son esprit de tolérance le fit même accuser d’irréligion, surtout lorsqu’il refusa de sévir contre une secte nouvelle, le Zendekisme, née dans le Khorassan, au contact du Mazdéisme (8). Son amour pour la science était si grand, qu’on prétend qu’il déclara la guerre à l’empereur de Constantinople, parce que celui-ci avait refusé de lui envoyer un mathématicien célèbre du nom de Léon.

Les auteurs arabes exagèrent et il est probable qu’il y eût d’autres causes à cette guerre, notamment la mauvaise volonté des Grecs à payer le tribut annuel imposé jadis par Haroun-al-Rachid.

A partir de ce moment (829), les hostilités reprirent entre Grecs et Arabes et se continuèrent avec des chances diverses jusqu’en 842,sous le règne de Motassem, successeur d’Al Mamoun.

Al Motassem (833-842) suivit l’exemple de ses devanciers. Comme eux, il favorisa les sciences et les lettres. Comme eux, il se montra hostile aux manoeuvres des fanatiques. La lutte des vieux musulmans contre l’influence des civilisations étrangères, née sous les premiers Califes ommeyades, continuait plus vive que jamais.

Dès les temps les plus reculés, il y eut toujours deux partis dans l’Islam : le parti des fanatiques, attachés à une interprétation étroite du Koran et à la soumission rigoureuse aux dogmes et le parti de ceux qui cherchaient à faire bénéficier la société musulmane des progrès réalisés par d’autres peuples : Grecs, Syriens, Perses, etc.

En réalité, les vieux musulmans furent d’abord les Médinois, c’est-à-dire les représentants de la réaction mahométiste contre les vieilles traditions arabes, soutenues par les Mekkois ; mais quand le Califat fut transféré à Damas par les Ommeyades et, plus tard à Bagdad, par les Abbassides, Médinois et Mekkois s’unirent pour combattre les influences gréco-syriennes et gréco-perses.

Ils représentèrent alors l’esprit arabe, l’esprit bédouin façonné par l’Islam. Ce sont ces deux tendances contradictoires qui provoquèrent la naissance tant de sectes, acharnées à se combattre. (9)

Sous Motassem, une de ces sectes, s’inspirant de la pensée des philosophes grecs, prit un développement tout particulier : les Motazélites qui soutenaient les doctrines du libre arbitre. Cette secte était combattue avec acharnement par le parti religieux. Motassem protégea les Motazélites ; si les principes de ceux-ci avaient prévalu, le monde musulman aurait pu évoluer selon les progrès de la civilisation, mais le fanatisme des vieux musulmans l’emporta et le Calife ne put faire triompher ses idées libérales. (10)

Son successeur Wathiq (842-846} renouvela les efforts en faveur des Motazélites et de la liberté de conscience. Il échoua. Il eut d’ailleurs d’autres soucis. Les Grecs, désireux de se soustraire à l’obligation de payer un tribut annuel, reprirent les hostilités. L’empereur Basile parvint à reconquérir les places de la Cilicie, perdues par ses prédécesseurs.

C’est le commencement de la décadence pour lesAbbassides et, on peut le dire, pour le conquérant arabe.

Apartir de cette date, les troubles succèdent aux troubles. Des Califes incapables et sans autorité traînent une existence stérile. Les schismes religieux, les intrigues de palais, les émeutes populaires, les révoltes des provinces conquises, les compétitions des prétendants au pouvoir suprême, l’indiscipline des armées et l’ambition des chefs militaires ruinent la prospérité de la société musulmane. L’immense empire arabe, trop hâtivement fondé, par un peuple dépourvu de culture intellectuelle et surtout de facultés politiques et administratives, se désagrège et sombre dans l’anarchie.

(1) DOZY. – Histoire des Musulmans d’Espagne.
(2) QUATREMERE. – Mêm. Hist. Sur la dynastie des Califes Abbassides.
(3) YACOUB-ARTIN-PACHA. – l’instruction publique en Egypte, p. 11 et 12.
(4) QUATREMERE. – Mêm. Hist. Sur la dynastie des Khalifes abbassides.
(5) SCHLUMBERGER. – L’Epopée byzantine.
(6) SEDILLOT. – Histoire des Arabes.
(7) SEIGNETTE. – Introduction à la traduction de Khalil.
(8) SYLVESTRE DE SACY. – Exposé de la religion des Druses.
(9) HAMMER. – Histoire des Assassins. Trad. Hellert et Lanourais.
(10) SYLVESTRE DE SACY. – Exposé de la religion des Druses.

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